Description

Le Raag Todi constitue le pilier de la musique classique hindoustanie matinale. Ce raag impose une atmosphère de dévotion profonde et de gravité solennelle. Les musiciens le considèrent comme le roi des raags du matin (Bor, 1999). Il génère une humeur introspective par ses intervalles complexes et resserrés.

Swaras (notes)

S R̲ G̲ Ṁ P D̲ N Ṡ

Taraf (sitar)

Aaroha (montee)

S R̲ G̲ Ṁ P D̲ N Ṡ

Avaroha (descente)

Ṡ N D̲ P Ṁ G̲ R̲ S

Vadi

Samvadi

Jati

Sampurna-Sampurna. Le raag utilise sept notes en montée et sept notes en descente. Selon certaines traditions, les musiciens omettent Pa en montée, et modifient le Jati en Shadav-Sampurna (Rao, 2015).

Samay

Deuxième prahar du matin. Le musicien joue ce raag entre 9h00 et 12h00.

temps d'exécution Rasa

Le matin. La lumière croissante du jour correspond à l'éveil spirituel que la mélodie installe. Ce créneau horaire soutient la gravité de l'humeur musicale.

Rasa

Le raag exprime Karuna (la compassion) et Bhakti (la dévotion). Le musicien génère une tension émotionnelle par l'utilisation conjointe de G̲ et Ṁ (Bor, 1999).

Pakad

R̲ G̲ R̲ S, G̲ Ṁ D̲

Exemples

Phrases musicales

  • Développement inférieur : Ṣ N Ṣ R̲ G̲ R̲ S
  • Développement médian : Ṁ G̲ R̲ G̲ Ṁ P D̲ N D̲ P
  • Conclusion : Ṁ G̲ R̲ G̲ R̲ S

Idées d’improvisation

Le chanteur initie l'improvisation autour de G̲. Il prolonge le meend de Ṁ vers G̲. Il établit ensuite D̲ comme sommet mélodique du développement.

Analyse pedagogique

Mouvements typiques

Le musicien utilise fréquemment le meend (glissando) entre G̲ et R̲. Il emploie Ṁ comme point de tension avant de résoudre sur G̲ ou de sauter vers D̲.

Phrases importantes

  • Ṁ G̲ R̲ G̲ R̲ S
  • Ṡ N D̲ P Ṁ G̲ R̲ S

Erreurs fréquentes

Les étudiants confondent parfois ce raag avec Gujari Todi. L'application systématique de la note Pa distingue Miyan Ki Todi. L'utilisation accidentelle de Shuddha Re détruit immédiatement l'architecture du raag.

Logique interne du raag

La proximité de R̲, G̲ et Ṁ crée un amas d'intervalles mineurs et augmentés. Le musicien équilibre cette tension acoustique par des silences mesurés sur D̲ et G̲.

Contexte historique

Origine

Miyan Tansen a composé cette variante majeure au seizième siècle (Bor, 1999). Il l'a créée spécifiquement pour la cour de l'empereur Akbar.

Gharanas

Le gharana de Gwalior met l'accent sur les compositions droites. Le gharana d'Agra ajoute une dimension rythmique plus agressive sur les notes clés (Rao, 2015).

Évolution

Miyan Ki Todi a remplacé la forme originelle de Todi. Les musiciens ont ensuite développé d'autres variantes dérivées comme Bilaskhani Todi ou Bahaduri Todi.

Anecdotes pertinentes

La tradition orale affirme que Miyan Tansen attirait les cerfs sauvages de la forêt en chantant ce raag (Moutal, 2012). Les animaux s'arrêtaient pour écouter la mélodie.

Sources

  • Bhatkhande, V. N., Kramik Pustak Malika Volume 4, 1937, Sangeet Karyalaya Hathras.
  • Bor, Joep, The Raga Guide: A Survey of 74 Hindustani Ragas, 1999, Nimbus Records.
  • Moutal, Patrick, Hindustani Ragas Index, 2012, Munshiram Manoharlal Publishers.
  • Rao, Suvarnalata, Ragaology of Hindustani Classical Music, 2015, Music Forum.